Quand les chats persans sifflent, feulent et miaulent

Publié le par Catpower

http://nicolinux.fr/wp-content/2010/01/les-chats-persans.jpgCela donne un film exaltant, exhalant la révolte et la soif de liberté... Si le fil de l'histoire peut paraître parfois décousu en raison des conditions de tournage difficiles, dans la clandestinité, le propos du réalisateur Bahman Ghobadi n'en est pas moins fort.

Fous d'indie rock, deux jeunes musiciens, Negar et Ashkan, déambulent nuit et jour dans Téhéran, tels des félins en chasse, à la recherche d'un abris, d'une cave, d'un toît, pour répéter sans se faire dénoncer, en quête d'un passeport, d'un visa, pour rejoindre l'occident et ne plus subir les dures lois de la république islamique d'Iran. Au travers de leurs périgrinations, ponctuées de scènes de rue, d'images d'Iraniens au quotidien, on découvre un pays aux visages multiples et contrastés, que les récentes manifestations filmées sur des portables et postées sur Twitter ont laissé entrevoir au monde.

A la fin de la projection, on sort sonné. Par le montage aux allures de clip MTV. Par la violence, sans cesse sous-jacente, et qui monte crescendo le long du film. Par le désespoir et la rage de vivre de ces jeunes, qui se battent pour jouer leur musique, vivre leur passion, quitte à risquer les coups de fouet, l'emprisonnement, voire la vie... Et l'on se rend compte à quel point on a de la chance. Celle de pouvoir s'exprimer, danser, boire, fumer, rêver, sans avoir à penser aux conséquences, à en payer le prix fort.

Du moins, quand on ne subit pas un autre enfermement, celui de maladie psychique... En sortant de la salle, je n'ai pu réprimer un pincement au coeur. Pour mon frère. Lui qui était moins libre dans son esprit, finalement, que ces jeunes au pays des mollahs. Cela s'appelle l'ironie tragique...


Publié dans Dans mon cinémascope

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