Un cinéaste : Fatih Akin

Publié le par Catpower

Le cinéma de Fatih Akin me touche droit au coeur.

Par les thèmes universels qu'il aborde : la mort, le deuil, l'autodestruction, la violence, le désespoir, la soif de vie, la reconstruction de soi, la rencontre avec l'autre, l'amitié, l'amour, la famille, le poids des traditions, l'immigration, l'intégration, l'Allemagne, la Turquie, l'Europe...

Sa sensibilité crève l'écran, avec ses personnages forts et fragiles à la fois, la beauté de sa photographie. Et son rythme, quel rythme ! Tour à tour saccadé et violent ou contemplatif, pour mieux révéler une histoire dans toute son ampleur... La musique le souligne, le soutient, toujours profonde.

J'ai découvert Fatih Akin à l'automne 2003. Je revenais d'un mois passé à traverser la Turquie. Je me sentais désorientée, étrangère à mon pays, prise par le désir de repartir en voyage. La comédie légère du jeune germano-turc, Julie en juillet (Im Juli en allemand), illustrait bien alors la fièvre qui me poussait à la rencontre de l'autre. Immédiatement, j'ai ressenti un vrai coup de foudre pour le jeune réalisateur. Depuis, ses films m'ont accompagnée dans ce voyage qu'est la vie, au fil du temps.

Head-on (Gegen die Wand en VO), histoire passionnelle, impossible, entre deux paumés amochés par la vie, tournée en trois parties à la manière d'une tragédie classique, m'a longtemps suivie, me laissant dans la bouche le goût amer d'un amour avorté, dialogue de sourd entre deux cultures. Plus lent, plus mûr, De l'autre côté (Auf der anderen Seite), aux personnages déboussolés, dans une Europe ouverte à l'économie libérale globalisée, mais aux frontières fermées, m'a laissée entrevoir avant l'heure le long cheminement qu'est le deuil, sur une route d'Anatolie sinueuse, en proie à tous les vents.





Publié dans Dans mon cinémascope

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