Tetro : "Familles, je vous hais"

Publié le par Catpower

http://www.6neweb.fr/wp-content/uploads/2009/05/tetro-image-17-grand-format.jpgJe ne sais pas pourquoi... Est-ce parce que je suis particulièrement sensible en ce moment ? En raison de ce qui m'arrive... Le nouveau film de Coppola, Tetro, m'a bouleversée. Tant par sa forme que par son contenu.

Je ne vous raconterai pas l'histoire du film. Retrouvez le synopsis sur tous les sites spécialisés : Allociné, Comme Au Cinéma.com... Ici, un résumé n'a aucun intérêt. Mis à part reprendre la formule célèbre de Gide : "Familles, je vous hais"... Non. Mais, je tiens à souligner la virtuosité d'un jeune cinéaste de 70 ans, qui se renouvelle avec inventivité. Dans Tetro, Francis Coppola excelle dans l'art de traiter sous un jour nouveau ses thèmes de prédilection, les obsessions d'une vie : la famille, la filiation, la transmission, l'amour et la haine, la rivalité, la trahison, la création, les arts de la scène...

Tetro, c'est le noir et blanc de la vie, qui s'oppose aux couleurs vives des souvenirs.
Tetro, c'est la lumière crue de la vérité, lumière qui tue, qui brûle les yeux et vous aveugle tel Oedipe...
Tetro, c'est un savant jeu d'ombres et de miroirs, qui révèle subtilement le mimétisme et l'affrontement entre les personnages d'une même famille.http://images.allocine.fr/r_760_x/medias/nmedia/18/69/83/73/19077661.jpg
Tetro, ce sont les mises en abîme à travers le théâtre, le ballet ou la télévision, qui soulignent la complexité de l'être humain, des relations à lui-même, à autrui, son passé, son présent, son futur, sa création ou recréation de soi.

Mais, Tetro, c'est aussi la sensualité des corps : corps accidentés et qui souffrent ; corps doux et moelleux, abandonnés à la joie des caresses ; corps vifs et musclés, qui dansent, s'offrent aux regards et se laissent désirer... Et un personnage de femme comme on en a rarement vu au cinéma : Miranda, génialement interprétée par Maribel Verdu, femme forte et sensible, amoureuse, Ariane mythique, qui va aider Tetro avec son frère à retrouver le fil de sa vie, dans le labyrinthe de ses pensées, de son passé volé par un père minotaure, comme un lourd tribut payé pour sa naissance.

Publié dans Dans mon cinémascope

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article