Un des textes laissés par mon frère : "Cette pute de vie a fini par me griller..."

Publié le par Catpower

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Comment a-t-on pu en arriver là ? Telle est la question que je ne peux m'empêcher de poser en lisant les textes de mon frère. J'ai beau savoir que Louis était malade, ses mots me laissent sans voix, sous le choc. Des mots durs, sans espoir, sans issue, ancrés dans le béton et le bitume. Pourtant, nous avons essayé de l'aider. Comme nous pouvions. Nous avons essayé.

"Cette pute de vie a fini par me griller
Plongé dans le de-vi, rien ne sert de crier
Car, dans le monde actuel, chacun sa merde
C'est pas étonnant que les jeunes se perdent
Moi, bien entendu, je n'échappe pas à cette règle
Pas de mains tendues, donc mon cerveau se dérègle

Ma haine augmente avec ma solitude
Devenue depuis longtemps une mauvaise habitude
Ma haine augmente avec ma solitude
Devenue depuis longtemps une mauvaise habitude


Mon âme se vide de toute humanité
Car des cons avides ont volé ma dignité
Du coup, mon manque d'estime n'a d'égal que mes rimes
Et mon manque d'amour me plonge dans la déprime
En allant à la fac, j'espérais m'en tirer
Mais ma situation n'a fait qu'empirer

Je passe mon temps à pester, à me détester
Ou à me demander à quoi ça sert de rester

Ma tête est comme prise dans un étau
Cette chanson ne sera comprise que par les gens du ghetto
Ma tête est comme prise das un étau
Cette chanson ne sera comprise que par les gens du ghetto


Entre l'ennui la solitude les problèmes de santé
Et les mauvais souvenirs qui viennent me hanter

Ou encore à vomir le fond de mes tripes
On a dû me maudire tellement à moi s'agrippent
La galère, le malheur, la misère affective
La colère, la noirceure et la douleur effective

Ou encore à vomir le fond de mes trippes
On a dû me maudire tellement à moi s'agrippent
La galère, le malheur, la misère affective
La colère, la noirceure et la douleur effective"

Publié dans Suicide et psychiatrie

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Patricia 25/11/2010 16:45


Le suicide n'est pas un désir de mort mais simplement un désir de mettre fin à une souffrance devenue intolérable et pour tuer cette souffrance la personne ne trouve pas d'autre solution que de se
tuer avec. Le suicide pour votre frère lui est apparu comme la seule solution à son problème. Nous n'avons pas à juger par des mots tels que courage ou lacheté comme je l'entends souvent dire. Seul
le mot souffrance est approprié.


Catpower 25/11/2010 19:07



je suis entièrement d'accord avec vous. c'est ce que j'ai (d)écrit dans ce blog.



streaming gratuit 16/07/2010 14:17


Superbe site, merci pour les astuces, et notez tout d\'abord que je partage votre positon... J\'insiste, oui votre billet est sincèrement bien bon, je viens d\'ailleurs de twitter votre billetsi
jamais ça peut vous aider. Pardon pour les éventuelles fautes, n\'étant en effet pas francophone, j\'ai utilisé Google Translate.


cecile cary 13/03/2010 11:09


touchée en plein coeur!!! il avait tout comptis.patrck;mon frère de coeur a du partir comme ca en 90 .je survis; toujours impossible de m' en parler....tristesse inconsolable!!!!!mélancolie.


Catharsis 25/02/2010 14:41


Des mots qui ne peuvent me laisser impassibles, tant j'y retrouve ce mélange de désespoir, de colère et de haine qui m'animait lorsque j'avais le même âge...

Toi, ta famille, et tous ceux et celles qui ont tendu leur main à ton frère n'avez pas à culpabiliser. Certes, après coup, on peut toujours se dire qu'on aurait pu "mieux" faire, faire "plus", etc,
mais il ne faut pas omettre dans l'équation qu'il n'y a que le principal concerné et lui seul (comme toi depuis son décès) qui peut se donner ou non les moyens de se "ressaisir".
Dit autrement, un espoir, une volonté ou un désir ne peuvent se transmettre que si en face, l'autre est d'accord pour les recevoir.

Peut-être trouveras-tu mes propos durs, mais si je te les laisse, c'est parce que j'ai faillit prendre le même chemin que ton frère, sachant pertinemment à présent que ma famille et mes proches
n'étaient pas le "secours" dont j'avais besoin à cette triste époque. Cependant, le fait qu'ils aient été présents à mes côtés à permis, certes, de limiter la casse dans mon cas, mais c'est bien
parce que j'ai décidé un jour d'ouvrir ma porte à l'espoir d'un "demain" que je suis toujours de ce monde aujourd'hui.

A ton niveau, je te pense dans la même situation, confronté au même choix: oser croire à demain ou non.

A bientôt.


Catpower 25/02/2010 19:48


Merci pour le post. Je ne trouve pas tes mots durs, mais justes, bien que difficiles à entendre. Pour ma part, j'ai toujours été ouverte à l'autre et, même si par moment j'ai pu flancher ces
derniers mois dans le cheminement du deuil, je crois désormais en nouveau à l'avenir et je pense faire de cette épreuve une force.