La poésie, don plus précieux qu'un héritage

Publié le par Catpower

Hier, de retour de vacances, je fais le tour de mon appartement, dont j'ai laissé les clés à mes parents en mon absence. Dans le frigo, je découvre de la confiture maison. Cassis, framboise... Je me pourlèche d'avance les babines. Tandis que sur la petite table du salon, je trouve un recueil de poésie : "Treizième poésie verticale" de Roberto Juarroz, avec un petit mot de ma maman. 

 

Je découpe les pages avec hâte. A la lecture de ces poèmes, je me dis que ce présent-là est le plus précieux que ma mère m'ait fait. Et je repense à tous les poèmes que mes parents me lisaient le soir, avant que je ne m'endorme, lorsque j'étais enfant, à tous ces mots qui m'ont toujours accompagnée depuis dans la vie.

 

Ci-dessous, quelques extraits du recueil de poème de Roberto Juarroz :

 

"Sur une marge qui existe

d'un monde qui n'existe pas

dire une parole qui existe

sur quelque chose qui ni n'existe ni n'existe pas.

 

Peut-être cette parole et cette marge

pourront-elles créer le monde

qui a dû les soutenir."

 

 

"Aujourd'hui je n'ai rien fait.

Mais beaucoup de choses se sont faites en moi.

 

Des oiseaux qui n'existent pas

ont trouvé leur nid.

Des ombres qui peut-être existent

ont rencontré leurs corps.

Des paroles qui existent

ont recouvré le silence.

 

Ne rien faire

sauve parfois l'équilibre du monde,

en obtenant que quelque chose aussi pèse

sur le plateau vide de la balance."

 

 

"Arbres coincés

dans des masses de ciment.

Leur vert humilié

dévaste la lumière.

 

Il est des espaces si pleins,

si remplis, si lourds,

que le néant y prospère

mieux que dans le vide."

Publié dans Vie

Commenter cet article