Fini la fuite, "Famille, je vous hais"...

Publié le par Catpower

Dimanche, nous avons marché dans la campagne, au son de nos pas crissant dans la neige, admirant les canards batifolant au loin dans l'eau glacée, les ragondins se faufiler dans leur terrier.

Nous sommes encore loin de la résilience. Mais, si les larmes embuent encore nos yeux au détour d'une parole, d'un geste, d'un objet éveillant un souvenir, si la colère et la rage ponctuent encore nos phrases, nous sommes désormais aptes à nous réjouir d'un instant partagé ensemble. Et l'épreuve nous a soudés comme jamais.

C'est étrange et troublant, ce sentiment : ne plus fuir ma famille, retrouver enfin la joie de voir mes parents, partager un moment de bonheur et d'amour avec eux, et tout cela, sans vivre le poids de la maladie psychique, sans avoir à cacher ce qui me pèse sur la conscience... Leur présenter mon amour, mes amis, sans la peur d'être jugée, sans la honte de ne pas avoir un frère "normal", sans cesse au bord du précipice...

C'est comme le soulagement, cette sensation d'apaisement si ambigue, qu'on ose à peine évoquer après le suicide, tant elle est culpabilisante au regard de la société.

Oui, je suis encore loin de la résilience, mais, même si cela m'est douloureux à admettre, la mort de mon frère m'invite à la réconciliation.

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Publié dans Vie

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Catharsis 26/02/2010 12:21


Hier, sur l'un des blogs que je visite, était publiée cette citation:

Nous devons apprendre à vivre ensemble comme des frères,
sinon nous allons mourir tous ensemble comme des idiots

Martin Luther King

Quant au regard des autres (le mien y compris), ils ne valent rien s'ils ne sont pas capables d'accepter ton ressenti, celui de tes proches ou celui de ton frère alors (même s'ils ne le comprennent
pas).
Accepter que l'autre n'est pas nous, qu'il se vit et vit le monde différemment de nous, me semble être la base de ce que j'appelle le "respect". Après, libre à chacun de se donner les moyens de
comprendre l'autre ou pas, de cheminer éventuellement ensemble.et, si désaccords il y a, c'est alors le dialogue (recherche d'un accord, d'une solution commune, d'un compromis) qui prime sur le
conflit (où l'on cherche à faire plier l'autre pour qu'il se rallie à nos seules exigences)

Quoi qu'il en soit, je trouve ce texte très beau du fait de l'esprit qui l'anime...

A bientôt.


Tincky 03/02/2010 17:09


***Je te souhaite de tout Coeur cette douce "réconciliation"... Etrange est la Vie quand les sentiments sont tout emmêlés... mais elle peut être aussi douce et tendre quand les noeuds de son fil,
sont ENFIN "libérés".......Bonne et douce fin de journée...***Tincky***


Catpower 03/02/2010 19:30


Merci ! à toi également !