De la décompensation : quand le corps morfle à la place du cerveau

Publié le par Catpower

http://xxframboizeuhxx.cowblog.fr/images/465386666.jpgDécompensation... Le mot est lâché. "Vous souffrez de décompensation", m'a dit mon médecin l'autre jour. Mais que peut bien vouloir dire ce mot à la sonorité obscurément scientifique ?

Chute de tension, douleurs intercostales, lombalgie, troubles hormonaux, problèmes digestifs chroniques... Visiblement, mon corps part en vrille.  A tel point que le moindre effort devient surhumain ; le moindre petit événement stressant m'affecte, me rend malade et me pourrit la vie. J'ai mal, je souffre. Physiquement... Car, moralement, j'ai plutôt l'impression d'aller bien. De plutôt bien gérer le deuil. Enfin... A peu près... Euh...

En réalité, mon corps morfle à la place de mon cerveau, mon esprit ou mon âme - enfin, ce que vous voudrez. Au lieu de sombrer dans la dépression, je dé-com-pen-se. Aïe !!! "C'est un phénomène assez fréquent chez les proches de malades psychiques ou les endeuillés par suicide", me dit le médecin. Il paraît qu'en cas de choc traumatique et qu'en période de deuil, l'être humain est en état de stress chronique biologique, secrétant un taux élevé d'adrénaline et de cortisol qui épuisent l'organisme, affaiblissent le système immunitaire et accroissent les symptômes des maladies chroniques... Jusqu'à nuire aux capacités intellectuelles de la personne en deuil. Et cela peut durer jusqu'à deux ans !

Rien d'anormal, donc, à mes réactions... Me voilà rassurée. Enfin, presque... Car ces maux physiques ajoutent à mon angoisse, au stress et au traumatisme provoqués par la maladie de mon frère, puis son suicide. Outre son deuil, j'ai à gérer la douleur physique. "Quelle est la solution ? Y a-t-il une solution ? Cela va-t-il passer ?" Telles sont les questions que je ressasse nuit et jour. Je n'en peux plus. Alors, maintenant, c'est décidé : je ne peux pas porter ce poids toute seule. Je vais me faire accompagner. Qui ne tente rien n'a rien, comme on dit.

Publié dans Deuil

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dawn 29/12/2009 21:34


oui je ne mets pas en question cela.
je dis juste que malheureusement nous vivons dans une societé qui permet peu que l'on s'exprime, que l'on se laisse aller à crier sa souffrance pourqu'elle sorte.... c'est une sociéte, une culture,
qui veut avant tout garder les apparences de "bonheur" et qui a peur de tous les "travers" et cherche à les cacher à tout prix... courage à toi, à bientôt


Catpower 29/12/2009 22:12


C'est vrai que cette société laisse peu de place à l'expression de soi, en particulier de sa douleur. Il faut aller vite, produire, être rentable, etc... En tous cas, merci à toi pour tes messages.
C'est important pour moi de voir que tout le monde ne fuit justement pas devant ce que j'exprime. à bientôt.


dawn 28/12/2009 23:44


c'est terrible...
j'ai peur de te dire des trucs inutiles ou prétentieux... mais je crois qu'il faut hurler son deuil... surtout un deuil aussi douloureux... dans certains pays, quand un deuil touche une famille ou
une personne, tous dansent et crient leur souffrance jusqu'à l'épuisement, toute la nuit, ou mem plusieurs...
bise


Catpower 29/12/2009 20:29


Je pense que tu as entièrement raison : il faut s'exprimer, pleurer, sortir la douleur. malheureusement c'est facile à dire, moins à faire. Il y a parfois bcp  de choses que l'on refoule sans
s'en rendre compte. Et c'est pourquoi se faire  aider par une tierce personne peut être utile.